Le Président de la République, le 8 janvier 2008, a affirmé son ambition de réinventer la ville :
Le problème de la ville, je veux le poser en 2008, lui aussi, non comme un simple problème de gestion, mais comme une question de civilisation. C’est un problème qui s’est posé à chaque fois que le rapport de l’homme à l’espace et au temps s’est trouvé bouleversé. C’est un problème, la ville, que notre civilisation n’a pas su maîtriser. Quelle ville devons-nous nous efforcer de construire en ce début de XXIe siècle ? C’est un sujet politique majeur. Eh bien, je voudrais que nous apportions à cette question une réponse française.
Au sein de cette réflexion culturelle et politique sur la ville que nous devons construire pour le XXIe siècle, l’architecture tient une place éminente.
Comment placer la conception architecturale au cœur de la production du logement et de la ville ? Comment, grâce à l’architecture, mieux habiter la ville ?
Tant en ville que dans les quartiers de périphérie, la réponse aux enjeux de modernité n’est pas suffisamment fondée, suffisamment inspirée par une vision prospective et par ce que l’on peut appeler « l’art de bâtir ».
Face à une logique qui voudrait que la conception de la ville soit la résultante d’une accumulation de différents systèmes – normatifs, réglementaires, financiers, fonciers,… – comment redécouvrir un art de bâtir qui implique avant tout une conception, une approche culturelle et une inspiration d’ensemble ?
Finalement, n’est-ce pas d’une vision de l’homme dont nous avons besoin avant toute chose pour bâtir la ville du XXIe siècle ?
Sont souvent mis en balance, voire en opposition, des critères économiques, techniques, esthétiques, sociétaux et environnementaux, ce qui laisse aujourd’hui les maîtres d’ouvrage, autant que les élus, face à des questions cruciales : au-delà de ces exigences, quelle architecture voulons-nous, dans quelle logique de développement durable, pour servir quels usages et pour fonder quelle ville ?
Ces questions se posent partout aujourd’hui : chez les élus, dans les services des villes, dans les réseaux professionnels des différents acteurs, dans les établissements et organismes d’enseignement et de recherche, au sein des services de l’Etat. Elles révèlent un besoin d'un débat, d'une définition des priorités et un affichage plus clair de chacun des acteurs.
Dans cette optique, l’architecture et l’urbanisme doivent revenir au devant de la scène comme source d’innovation et de solutions. Le Président de la République l’a annoncé le 17 septembre 2007 lors de son discours d’inauguration de la Cité de l’Architecture et du Patrimoine : il est temps aujourd’hui de « remettre l’architecture au cœur de nos choix politiques »
En effet, compte tenu du besoin quantitatif et de l’enjeu qualitatif que représentent aujourd’hui en France la construction et la réhabilitation de logements ainsi que la rénovation urbaine, compte tenu des orientations du Grenelle Environnement, nous nous devons de donner à l’architecture le rôle majeur qu’elle a toujours joué dans toutes les grandes périodes de notre histoire : inspirer et nourrir la pensée et le renouvellement de la ville.
L’enjeu est considérable : il s’agit ni plus ni moins de rendre nos villes plus belles, plus solidaires et plus habitables.
Le « Forum pour la ville » que nous vous proposons trouve son origine dans un dialogue libre entre le Ministre du Logement et de la Ville et le Président du Conseil national de l’Ordre des Architectes.
L’objectif est de faire se rencontrer les réflexions du ministère et des architectes pour alimenter le questionnement légitime de l’Etat sur la problématique architecturale et urbaine ainsi que sociale et pour conduire à des préconisations opérationnelles.
Ce « Forum » donne la parole aux élus, aux professionnels de la construction, de l’architecture et de l’urbanisme et aux représentants de la société civile et, plus largement, à tous les citoyens.
Nous comptons sur la mobilisation de tous pour relever ensemble ce défi.
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