Site industriel de la société d'impression sur étoffes Le Grand-Temps, Lipski+Rollet arch

Trésorerie, Muntzenhaim, Atelier Zundel-Cristea arch. (photo DR)

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La mixité sociale et fonctionnelle de la ville pourra-t-elle enfin advenir ?

 

La mixité entre les fonctions d’habitat, d’équipements publics, de commerces et d’activités sociales, d’artisanat, d’activités culturelles, voire cultuelles, au sein de mêmes bâtiments et ilôts, comme excellait à le faire la ville du 18ème et du 19ème siècles – sans nier pour autant ses zones d’ombre et ses dangers … – et comme parviennent à le faire nos voisins européens, est une finalité à rechercher. Une nouvelle prise de conscience émerge actuellement en ce sens.

La fragmentation sociale de la ville, qu’elle s’observe dans les quartiers anciens dégradés de certaines grandes villes ou de petites communes, dans les périphéries de lotissements, dans les quartiers faisant l’objet de la politique de rénovation urbaine ou encore dans certains quartiers aisés qui ont tendance à se replier sur eux-mêmes, pourrait être atténuée par un travail global sur la mixité sociale et fonctionnelle de l’espace urbain.

Comment l’architecture peut-elle contribuer à unifier la ville ?

 

Pour nous la mixité sociale est une composante essentielle de la ville : il nous revient, avec les élus, de rebâtir des villes qui réconcilient au lieu de diviser.

Il faut mettre fin au processus de délitement de la ville selon trois tendances qui poussent ses composantes sociales à s’ignorer :

  • un processus de relégation conduit les minorités et les pauvres dans les cités d’habitat social des quartiers difficiles;
  • les classes moyennes se réfugient dans les communes rurales avoisinantes qui s’urbanisent et reçoivent l’appellation de « périurbaines » (en raison de l’activité non rurale de ses habitants). Cette  périurbanisation s’étend régulièrement aux plus pauvres des classes moyennes et aux retraités qui s’installent de plus en plus loin des centres villes (moins chers, plus calmes);
  • les centres villes sont affectés par ce que les sociologues appellent la gentrification, expression anglaise servant à désigner l’investissement aujourd'hui des centres anciens par une population aisée, cultivée, soucieuse d’un accès privilégié aux avantages de la centralité (travail, loisir, éducation des enfants).

L’urbanisme commercial non maîtrisé vide les centres villes au profit de zones commerciales monofonctionnelles où l’affluence des consommateurs ne crée pas de lien social.

Par ailleurs, nous plaidons pour la diversité des habitats, la mutualisation et la polyvalence des équipements collectifs, l’implantation d’activités combinées au sein du même tissu que l’habitat et ses équipements : cette mixité fonctionnelle accueille mieux les tensions, permet des déplacements courts et en modes urbains, doux ou collectifs, génère des échanges de flux énergétiques et de matières, des économies d’échelles d’équipements techniques et sociaux.

 

Continuez le débat...

  1. Faut-il imposer ou encourager une politique de diversité sociale du logement en centre ville comme aux Pays-Bas ?
  2. Faut-il assouplir les règles qui imposent la mono fonctionnalité des logements sociaux ?
  3. Comment intégrer davantage les exigences des activités commerciales et économiques dans les projets d’aménagement ou de rénovation ?

Mixité fonctionnelle et sociale